À la croisée des destins

Le projet concerne les élèves d’une classe de 2esecondaire. Cours :  groupe d’activité complémentaire « Français approfondi ».

Il s’agit d’un groupe d’élèves au parcours scolaire souvent chaotique, dont le français n’est pas forcément la langue maternelle et qui sont, pour grand nombre d’entre eux, en décrochage scolaire. Cette activité complémentaire poursuit donc l’objectif de leur redonner le « goût » de l’école par le biais du français.

L’analyse fine du premier roman d’un jeune auteur belge, « A la croisée des destins » de Valentin Rousseau, a pour but de faire ressortir « l’essence » de chaque chapitre. Selon la représentation que les élèves se feront de l’histoire, celle-ci est réinterprétée en variant les procédés artistiques : transposer un chapitre en film, en roman-photo, ou encore en application (QR code) ; représenter un autre chapitre par la peinture ; enregistrer une lecture audio pour un troisième ; etc.

L’ensemble de ces « créations » seront numérisées et assemblées pour ainsi constituer une bd numérique (à partir du site wix.com) avec l’objectif de la diffuser au plus grand nombre.

Ecole : Collège Saint-Michel à Etterbeek

Thème(s) abordé(s) : expression orale, multimedia, décrochage scolaire

2 heures à Saint-Michel

Etterbeek, 26 janvier 2018

Ce vendredi 26 janvier 2018, je me suis rendue au collège Saint-Michel, à Bruxelles, pour le suivi du projet Victor conduit par Olivier Hemeryck, professeur de français.
Les élèves qui participent à ce projet viennent de 5 classes différentes et tous ont quelques difficultés scolaires. Pourtant, l’impression qu’ils me donnent est tout autre.
Nous sommes dans la bibliothèque de l’école où le projet prend vie. Assise face à eux, je ressens une sorte d’effervescence, de joie… presqu’une ferveur pour ce projet.
Mon sentiment est le bon. A peine leur ai-je demandé ce qu’ils pensaient de ce projet qu’un des élèves me répond « c’est comme des heures de fourches mais en mieux. »
Le projet Victor leur permet de découvrir en profondeur un livre. De le travailler selon leur envie, leur façon de le comprendre.
En accord avec leur professeur, les élèves ont décidé de travailler le livre « A la croisée des destins » de Valentin Rousseaux selon différentes manières : roman photos, lecture sonore, films, ombres chinoises.
Pourquoi ? Simplement parce que toutes les idées trouvaient valeur à leurs yeux et que la décision de devoir faire un choix parmi tant d’idées ne convenait ni à Olivier, ni aux élèves.
Faire ce travail rassemble. Les élèves se découvrent une passion commune, une envie de mener à bien un projet qu’eux-mêmes façonnent. « Au début du projet, c’est moi qui devait donner l’impulsion, leur donner les règles, le cadre, m’assurer que c’était fait, et maintenant ça se fait en un clin d’œil », explique Olivier.
Cette bulle d’air, cette prise d’initiative de certains élèves vient du fait que ce n’est pas un travail coté, il n’y a pas de devoirs. « Chacun est félicité pour ce qu’il entreprend et c’est noté dans le bulletin. »
Les activités commencent. Tout le monde court, mais tout le monde sait où est sa place, quel est son rôle. Ils sont les créateurs du projet. Une imagination débordante, une envie de bien faire, une discipline s’installent dans tous les groupes.
Tout le monde s’amuse. Tout le monde s’implique, je m’approche de chaque groupe. Ils me regardent, d’abord un peu curieux puis très vite ils « m’oublient » pour repartir dans leur imaginaire. Dans leur envie de faire, de créer, de rendre vivants les personnages de leur livre.
Le livre vit. Et c’est cela… C’est cela le sentiment d’accomplissement que je cherchais en venant.
Des élèves qui ne sont plus élèves, mais pour un temps, le temps de 2 heures seulement, les héros de leur roman.