J’ai des choses à te lire

Le projet concerne six classes de 2e secondaire. L’objectif est de stimuler chez les élèves le plaisir de la lecture par la pratique de la lecture à voix haute. Pour y parvenir, les enseignants comptent sur l’intervention de comédiens dans les classes et ils proposeront comme objectif final de réaliser un « livre audio » à destination des élèves, de leurs proches, ainsi que des membres de la ligue Braille.

Déroulement : Découverte des textes de trois recueils de nouvelles par les élèves, puis choix des textes « coups de cœur », travail en ateliers avec les comédiens, enregistrement avec la Ligue Braille.

Ecole : Institut de la Vierge Fidèle à Schaerbeek

Thème(s) abordé(s) : expression orale, livre audio, comédien, ligue braille

Un projet qui fédère

Schaerbeek, 15 mars 2018

Jeudi 15 mars 2018. Il est 11h. Nous sommes dans le couloir qui mène au centre de documentation de la Vierge Fidèle. Nous attendons de pouvoir entrer.
Sophie van Scherpenzeel, professeure de français, prépare le matériel d’enregistrement car aujourd’hui, c’est le grand jour. Le jour de l’aboutissement. Les élèves de la Vierge Fidèle prêtent leur voix au texte de Franck Andriat, « La jeune fille de la photo ». Celui-ci étant assez long, la classe est divisée en 5 groupes. Chaque élève sait ce qu’il a à lire.
Le premier groupe s’installe au-devant de la classe, leur texte dans les mains, ils s’apprêtent à déclamer leur texte. Les autres attendent derrière ou dans le couloir pour répéter.
La tension est palpable car les parents de Victor sont présents. Ils sont là pour écouter et voir comment leur projet se déroule.
Je me sens bien, mais en même temps, je suis fébrile. Une sensation que je commence à connaître m’étreint. L’importance du projet Victor se jette devant moi. Je sens que nous sommes au bon endroit, au bon moment. Les élèves comme les professeurs ont ce souffle nouveau qui leur permet de voir et comprendre le français autrement qu’au travers d’interrogations et de points.
L’enregistrement commence ; Le premier élève prend la parole. Après quelques hésitations, il est parti. Il déclame. Il lit son texte, le termine, et laisse la parole au suivant.
Les paragraphes s’enchaînent. Tour à tour, les élèves se révèlent. Accompagnés par Stéphanie van Vyve – comédienne – qui les met en confiance, ils bûchent, trébuchent, mais recommencent toujours.
Ils sont fiers d’eux. Ils se félicitent. Pour ceux qui ont plus de difficultés, de petites tapes d’encouragement dans le dos apparaissent. Des applaudissements et des sourires d’encouragement se lisent sur les visages.
Dans le coin, les parents de Victor. Attentifs. Touchés. Ils écoutent ces enfants avec, dans les yeux, une pointe d’admiration et de reconnaissance pour Sophie, pour Stéphanie, et surtout pour les élèves.
C’est un merci que je peux deviner dans l’air. Dans leur regard que je capte. Et si cela ne devait pas être le cas, c’est comme cela que j’interprète, car ce projet nous fait voyager dans le monde des sentiments, des sensations étranges du deuil, de l’espoir et de la vie.